{"id":929,"date":"2017-12-15T19:10:13","date_gmt":"2017-12-15T18:10:13","guid":{"rendered":"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/?p=929"},"modified":"2017-12-20T14:20:09","modified_gmt":"2017-12-20T13:20:09","slug":"buenos-aires-fraction-dune-image","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/index.php\/2017\/12\/15\/buenos-aires-fraction-dune-image\/","title":{"rendered":"Buenos Aires : fraction d&#8217;une image"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">A quoi pense-t-on quand on arrive \u00e0 Buenos Aires\u00a0?<\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/index.php\/2017\/11\/25\/mourir-2\/\">Avant de monter dans l\u2019avion<\/a> ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Quand on y part ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Quand on sait que l\u2019on va y \u00eatre, bient\u00f4t ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Quand on se figure, \u00e0 distance, le film de notre premi\u00e8re promenade dans les rues. Une cam\u00e9ra plongeante, \u00e0 hauteur de lampadaire, accompagnant avec lenteur notre d\u00e9marche de mire-\u00e0-tout ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous sommes sur le trottoir d\u2019une rue passante du centre, bond\u00e9e d\u2019Argentins, de Portenos, comme on appelle les parisiens d\u2019ici. C\u2019est l\u2019heure de pointe entre une et deux. Des jeunes en costard, suivent le rythme de toutes les capitales du monde et nous doublent, press\u00e9s d\u2019aller d\u00e9jeuner dans un petit restaurant typique o\u00f9 l\u2019on pourra, soudainement comme un feu prend, \u00e9carter les tables et danser un tango au pied lev\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ils ont le visage fin, des cheveux noirs ou ch\u00e2tains, l\u00e9g\u00e8rement boucl\u00e9s et des nez droits. Ils s\u2019\u00e9talent comme si le trottoir \u00e9tait leur sc\u00e8ne, marchent en riant avec les mains et s\u2019arr\u00eatent parfois pour admirer l\u2019un des leurs, plus expressif encore, mimer comment son p\u00e8re a foutu le voisin dehors la veille au soir.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cette ville, c\u2019est la leur. Plus vraiment \u00e9tudiants, pas encore travailleurs, ou presque car tout le monde a un petit boulot ici, ils parlent fort et font voir \u00e0 la rue de grandes dents blanches virevoltantes. C\u2019est la jeunesse qui se couche \u00e0 sept heures, qui boit le monde dans le goulet de ses cernes et l\u2019embrasse all\u00e8grement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un passant plus \u00e2g\u00e9 r\u00eave d\u2019espadrilles pour ses pieds de transfuge. Rat des champs devenu souris grisonnante.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une guitare triste se cache dans sa poche de pantalon. Il nous para\u00eet d\u00e9guis\u00e9, affubl\u00e9 d\u2019un \u00e9quipement encombrant, un scaphandre moderne contraignant sa nature sauvage d\u2019ancien gaucho. A l\u2019\u00e9vidence, il s\u2019en gratte une et tape du pied apr\u00e8s le dessert.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pollution andalouse, mais l\u2019imagination s\u2019en tire bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">Sans \u00e0-coups, la cam\u00e9ra glisse et traverse des branches d\u2019arbres o\u00f9 p\u00e9pient en couleur des oiseaux jamais vus. Un pigeon ou deux, c\u2019est une grande ville. Les plus color\u00e9s, sauvages, s\u2019envolent. On les suit, jusqu\u2019\u00e0 ce que le soleil se refl\u00e8te en plan\u00e8tes roses sur la pellicule.<\/p>\n<p align=\"justify\">Au coin de la rue, l\u2019Esquina, splendide. Des chaises sont de sortie et c\u00e9l\u00e8brent le savoir-vivre terrassier de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Paris crachait des cafetiers gentils. Une glycine retombe sur le passant qui s\u2019arr\u00eate prendre une bouff\u00e9e \u00e0 la d\u00e9rive, \u00e9couter cette femme qui chante pour nous tremper de larmes. Ce sourire, le m\u00eame que Line Renaud. Les billets doux tombent comme des feuilles, ils sont verts jaunes violets et bleus. Lui, emporte son parfum avant de repartir. Il tourne au coin, la guitare dans sa poche soupire, et entre dans un immeuble \u00e0 fa\u00e7ade de marbre. Nom de l\u2019architecte\u00a0: Aquilino, 1947. Dans le hall un grand escalier en pierre, central, il fait frais et sombre, on se croirait dans une tombe, on meurt un peu \u00e0 fuir l\u2019\u00e9t\u00e9. Ce n\u2019est pas notre direction, on vire de bord. Passage au dessus de son chapeau, avant que la lourde porte cliquette, on acc\u00e9l\u00e8re et l\u2019on s\u2019\u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une vue d\u2019ensemble, on cherche une vue d\u2019ensemble. La rue est anim\u00e9e. C\u2019est l\u2019Am\u00e9rique du Sud, on se rappelle, l\u2019Am\u00e9rique latine. Un bruit de bourdon, des voix portent aux portes, des klaxons entre les cris. Des indiens en poncho laineux multicolores et chapeau melon sont assis sur une cagette et vendent sur deux autres bo\u00eetes, des sachets d\u2019herbes m\u00e9dicinales. Dans des coupelles d\u2019acier plus ou moins grandes s\u2019entassent des terrils d\u2019\u00e9pices ocres et pourpres. Sur d\u2019autres tables, l\u2019aventure prend \u00e0 la gorge et l\u2019Amazonie s\u2019infiltre dans la capitale. Des bocaux de serpents dans un alcool clair laissent entrevoir un entrelacs de petites t\u00eates en pointes de fl\u00e8che et de corps rayur\u00e9s aussi fins qu\u2019un spaghetti trop cuit. Il y a tant de monde sur le trottoir, tant d\u2019\u00e9tals, que l\u2019on peine \u00e0 avancer. Notre conscience saute de caisse en caisse. La Super huit la suit et glisse d\u2019un trottoir \u00e0 l\u2019autre comme un petit train d\u2019attraction fait de douces mont\u00e9es et descentes. On s\u2019attendrait presque \u00e0 voir surgir un vieux barbu au coin de la rue, tirant par la laisse un tigre du Bengale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Non c\u2019est trop. On n\u2019y est pas. C\u2019est la Bolivie et l\u2019Inde qu\u2019on se repr\u00e9sente. Le Vietnam, aussi, peut-\u00eatre, \u00e0 la rigueur. Mais Buenos Aires, non. Buenos Aires s\u2019\u00e9loigne, se diffracte dans l\u2019air. On ne distingue plus le vrai du faux.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019image s\u2019alt\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Flou.<\/p>\n<p align=\"justify\">On dirait que le G\u00e9o dans les toilettes nous a flingu\u00e9 les m\u00e9ninges. Il faut qu\u2019on se reconcentre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Des t\u00f4les. En lieu et place de murs, de grands panneaux color\u00e9s, peints en jaune, rouge, bleu et vert. Les couleurs sont savamment orchestr\u00e9es, elles se jouent du bout du bec et s\u2019alternent \u00e0 la baguette. Un carr\u00e9 bleu cern\u00e9 de rouge r\u00e9pond au carr\u00e9 vert cern\u00e9 de bleu, qui pr\u00e9c\u00e8de le rouge cern\u00e9 de vert. G\u00e9om\u00e9trique, simple, mais beau.<\/p>\n<p align=\"justify\">Notre \u0153il passe d\u2019une t\u00f4le \u00e0 l\u2019autre, puis recule. C\u2019est de l\u2019impressionnisme expressionniste. Les fen\u00eatres n\u2019ont pas de balcon mais sont ouvertes, vers l\u2019ext\u00e9rieur. On les regarde d\u2019en bas, \u00e0 hauteur d\u2019\u00e9paule. On aurait peur d\u2019y voir le vide en s\u2019y penchant, d\u00e9cor de cin\u00e9ma, t\u00f4le en buvard de taulier qui s\u2019\u00e9ponge, du rougeaud au verd\u00e2tre, quartier en carton-p\u00e2te. Alors qu\u2019elles rec\u00e8lent du linge qui s\u00e8che, \u00e0 coup s\u00fbr, par kilos entiers, suspendus, plus blanc que la chaux. Une guirlande de vieilles chemises. Une culotte par-ci par-l\u00e0.<\/p>\n<p align=\"justify\">C\u2019est familier, attendrissant.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un homme s\u2019y accoude, il y a donc un plancher, mais l\u2019on r\u00e9siste \u00e0 monter. D\u2019en haut il nous regarde, ses yeux sont noirs et ses joues flageolent sous le poids du temps plus que de sa barbe noire, qu\u2019il a r\u00e9cente et piquet\u00e9e. Il fume et regarde dans le ciel quelque part. On ne l\u2019a pas int\u00e9ress\u00e9 tr\u00e8s longtemps, ou plus. Les gens comme nous, il les souffle. Dans la fum\u00e9e de sa cigarette, ils s\u2019\u00e9changent et le regardent toujours, alors il souffle, jusqu\u2019\u00e0 ce que ce grand man\u00e8ge s\u2019\u00e9puise, que son maillot de corps blanchot, flotte comme un drapeau et claque au vent du soir. Que son paquet bleu roi, l\u00e9ger comme le ciel, tombe du rebord et ajoute \u00e0 la rue le picot d\u2019un pinceau. Alors il se redresse. La peau de ses coudes se craquelle. On les entend claquer comme des vert\u00e8bres. Il dispara\u00eet derri\u00e8re les rideaux de linges blancs que la nuit a fonc\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la rue, les talons s\u2019\u00e9loignent dans une valise de cuir. Eux qui claquaient contre les pav\u00e9s tapotent doucement contre les parois souples. Un pas cahin, l\u2019autre caha. Il y a une belle robe verte avec, cintr\u00e9e puis volante, \u00e9meraude sertie, ou sombre de velours. A c\u00f4t\u00e9, deux paires de jambes, et une autre valise, plus grosse mais moins charg\u00e9e. En cuir aussi. Un chapeau et une veste, noirs, simples. Un pot de gomina et des souliers talonn\u00e9s. Les mains sont \u00e0 elles-m\u00eames, c\u2019est qu\u2019elles se tiennent tout le jour durant, quasi, ou la hanche, ou l\u2019\u00e9paule. Elles simulent ce qu\u2019elles montrent, virevoltent comme les dents du midi qui criaient leur jeunesse. Les m\u00e2choires se reposent, on parle \u00e0 demi-mot pour se dire au revoir. A demain, ou \u00e0 ce soir, des coll\u00e8gues peut-\u00eatre un couple. Les danseurs tanguent bien droits jusqu\u2019\u00e0 chez eux. Fatigu\u00e9s de sourire, fatigu\u00e9s de poser, de balancer un pied entre une entrec\u00f4te \u00e0 l\u2019asado et une salade m\u00e9diterran\u00e9enne pour la quatre. De porter le genou sous le plateau de Fernet, l\u2019\u00e9paule sur l\u2019am\u00e9ricain, l\u2019esprit sur l\u2019argent.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le serveur range sa carte d\u2019un m\u00e8tre de large. Il sait dire \u00ab\u00a0bonjour, pour manger, par ici s\u2019il vous pla\u00eet\u00a0\u00bb en 13 langues. \u00c7a suffit, les touristes n\u2019en ont que pour les prix de toute fa\u00e7on, et ils changent tous les jours. La plupart du temps, on le remercie de la main, comme si l\u2019on effa\u00e7ait un tableau. Parfois il confond les Isra\u00e9liens et les Fran\u00e7ais, mais g\u00e9n\u00e9ralement il arrive \u00e0 deviner qui est qui.<\/p>\n<p align=\"justify\">En rentrant le soir, il ne parle pas, pas m\u00eame \u00e0 demi-mot. Il n\u2019interpelle personne. Il voudrait que quelqu\u2019un s\u2019arr\u00eate de lui-m\u00eame et vienne l\u2019interpeller lui. Qu\u2019on l\u2019appelle de loin, et qu\u2019on lui coure apr\u00e8s. Qu\u2019on dise \u00ab\u00a0<em>Hola, Se\u00f1or. Se\u00f1or\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb dans son dos. Qu\u2019on insiste. Comme s\u2019il avait laiss\u00e9 tomber quelque chose. Il faudrait le m\u00e9riter. Qu\u2019on le rattrape et qu\u2019il d\u00e9cide pour une fois s\u2019il a envie d\u2019entendre ce qu\u2019on a \u00e0 lui dire. Lui aussi pourrait remercier de la main et refuser \u00e0 son interlocuteur le moindre regard. Continuer son chemin et l\u2019oublier.<\/p>\n<p align=\"justify\">On s\u2019\u00e9l\u00e8ve de nouveau. Les \u00e9paules des travailleurs semblent fusionner avec le sol. Plus aucun touriste. Caminito, ce n\u2019est pas si grand. Tant de couleurs, juste pour eux. Au d\u00e9but, l\u2019op\u00e9ration a pu para\u00eetre bizarre, car La Boca, c\u2019est avant tout des tours et des barres, bien grises celles-ci, encerclant le stade comme le joyau d\u2019un nid de travailleurs humbles et butinants. Mais les couleurs de Benito Quinquela Martin se sont impos\u00e9es. La rue d\u2019anciennes habitations collectives insalubres r\u00e9serv\u00e9es aux immigr\u00e9s europ\u00e9ens \u00e0 peine arriv\u00e9s, est devenue un mus\u00e9e \u00e0 ciel ouvert, nourrie d\u2019\u0153uvres diverses et de la fiert\u00e9 de ses habitants. Les touristes ont commenc\u00e9 \u00e0 affluer et le business a saisi l\u2019aubaine au vol, d\u2019une main agile, presque invisible.<\/p>\n<p align=\"justify\">La richesse qu\u2019ils am\u00e8nent est \u00e0 la fois bienvenue et pesante. Ils veulent de l\u2019authentique, alors on leur en fabrique. Tout est vrai, made in o\u00f9 vous voulez. Le <em>barrio<\/em> en a besoin. Petite prostitution quotidienne des cultures pour ceux qui n\u2019ont pas le temps, veulent l\u2019essentiel, le <em>Reader\u2019s Digest<\/em> d\u2019un pays, son \u00e2me, en paillettes liquides, pr\u00eates \u00e0 consommer, pr\u00eates \u00e0 porter, multiples facettes de boules \u00e0 para\u00eetre.<\/p>\n<p align=\"justify\">S\u2019ils ne se contentent pas de la fa\u00e7ade, c\u2019est \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils. Parall\u00e8le \u00e0 l\u2019avenue, les vols s\u00e9vissent. On sort des immeubles et on y remonte, pas vu, pas pris. Alors la police veille, nous enjoint d\u2019un sourire paternel \u00e0 rester dans la lumi\u00e8re des lampadaires et le boucan des bus qui passent. On se sent comme en cage. Ou bien \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur mais en face d\u2019elle. On ne sait plus tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">La r\u00e9alit\u00e9 est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, v\u00e9ritable et tranchante. On revient vers l\u2019avenue, frustr\u00e9s mais compr\u00e9hensifs. C\u2019est un quartier pauvre, pas un parc d\u2019attraction. Le voyeurisme a un prix, de l\u2019appareil photo au kidnapping. C\u2019est ainsi.<\/p>\n<p align=\"justify\">Exempt\u00e9s de souffrance humaine, il faudrait en plus avoir le droit de diss\u00e9quer \u00e0 loisir celle des autres\u00a0?<\/p>\n<p align=\"justify\">Tout n\u2019est pas \u00e0 vendre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lorsque les touristes partent, partout, le quartier se remballe et s\u2019assouplit. De nouveau entre soi. On compte les \u00e9pinards et les grammes de beurre \u00e0 d\u00e9penser pour l\u2019\u00e9quipe qui nous le rend si bien. Les dimanches, juste apr\u00e8s la messe, fleurissent les maillots bleu et jaune \u00e0 la mode de Stockholm.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c7a remonte \u00e0 longtemps, quand l\u2019\u00e9quipe fut cr\u00e9\u00e9e. La banni\u00e8re, blanc sur blanc, r\u00e9clamait un exc\u00e8s. On s\u2019en alla au port, comme on va aux nouvelles, S\u2019inspirer des blasons, de proues de caravelles. Et sonnant la cloche fine, l\u2019ancre au col, m\u00e2t\u00e9 haut, la moustache d\u2019un galion louva son pavillon. A l\u2019amarre le su\u00e9dois, fit jaunir sa bleue croix. Sacre mieux, quelle banni\u00e8re\u00a0! Quel drapeau\u00a0! Quel beffroi\u00a0!<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019\u00e9quipe, c\u2019est la fiert\u00e9 des <em>boteros<\/em> (bouses de vache), des <em>bolivianos<\/em> (par l\u2019origine des supporters), des bouseux en somme. Des ma\u00e7ons qui se l\u00e8vent t\u00f4t pour aller plonger les ongles dans le ciment froid. Des pantalons trou\u00e9s. Des chemises qui s\u2019effilochent et des maillots de corps qui flottent au vent. L\u2019\u00e9quipe, c\u2019est la fiert\u00e9 d\u2019un peuple qui, droit et probe, \u00e0 travers le foot, prend sa revanche contre l\u2019argent.<\/p>\n<p align=\"justify\">Des drapeaux flottent au vent, des maillots, des fanions. Jusqu\u2019aux papiers des g\u00e2teaux, emball\u00e9s de jaune et bleu. En croix. Comme s\u2019il y avait l\u00e0-dedans, quelque chose de religieux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un bruit sourd. Comme un claquement \u00e9touff\u00e9 par la distance. Comme un rouage qui se grippe en fond de cale. L\u2019image se fige.<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u00e9compression. La capsule expire tout l\u2019air de son petit poumon vitr\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">R\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019image se d\u00e9grippe. Une autre image, famili\u00e8re cette fois. Cette fois-ci, l\u2019on voit. Pas depuis un lampadaire, ou depuis notre \u00e9paule. On voit avec nos yeux.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Comment c\u2019\u00e9tait\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Tout. Faux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Ah&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Sauf Caminito. C\u2019\u00e9tait bien Caminito. Tr\u00e8s enlev\u00e9, chatoyant. Le reste c\u2019est \u00e0 jeter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Oui&#8230;merci.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0A. Jeter\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0C\u2019est que j\u2019ai lu un article il y a pas longtemps&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Elle r\u00e9fl\u00e9chit en se caressant la barbe du bout des doigts.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Oui&#8230;Sur La Boca seulement. Le reste. C\u2019est. A. Jeter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Je ne sais pas si elle m\u2019entend. Je suis peut-\u00eatre encore dans la machine.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0La prochaine fois essayez de vous renseigner un peu plus. Des d\u00e9rives de continent, on en veut pas. C\u2019est \u00e9liminatoire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Oui\u2026 Excus&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0M\u00eame plus qu\u2019\u00e9liminatoire\u00a0\u00bb me coupe-t-elle dans son \u00e9lan.<\/p>\n<p align=\"justify\">J\u2019ai du mal \u00e0 imaginer ce qui pourrait \u00eatre \u00ab\u00a0plus qu\u2019\u00e9liminatoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Excusez-moi, \u00e7a ne se reproduira plus\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0C\u2019est pour vous. Moi je m\u2019en fous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Elle fait claquer son stylo contre le bureau en m\u00e9tal.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0La semaine prochaine, T\u00e9h\u00e9ran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">T\u00e9h\u00e9ran&#8230; Je suis mal barr\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">J\u2019aurais d\u00fb commencer Buenos Aires autrement. A petits pas. Par le d\u00e9but.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est impossible d\u2019avoir une vision exhaustive d\u2019une ville monde. On s\u2019y prom\u00e8ne par impressions. On se s\u00e8me autant qu\u2019elle nous marque de son empreinte.<\/p>\n<p align=\"justify\">En arrivant \u00e0 Buenos Aires, on confronte nos attentes \u00e0 une certaine r\u00e9alit\u00e9, mouvante.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les danseurs de tango que l\u2019on s\u2019attend \u00e0 croiser \u00e0 tous les coins de rues, beaux, brillants, vifs et droits, s\u2019absolvant de la ville dans les yeux de leur partenaire, suivant leur petite musique interne, ne sont pas l\u00e0.<\/p>\n<p align=\"justify\">On les cherche. On tr\u00e9buche sur notre aorte \u00e0 chaque carrefour. Peut-\u00eatre que cette rue\u00a0? Non&#8230; Derri\u00e8re cet immeuble qui gratte l\u2019horizon\u00a0? Non plus&#8230; \u00c0 l\u2019angle du parc, s\u00fbrement\u00a0? Ils doivent \u00eatre l\u00e0, s\u2019ils existent, ils ne peuvent \u00eatre que l\u00e0.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais non. Encore non, toujours non. Non, non et non. Pas le moindre danseur libre, spontan\u00e9. J\u2019ai cherch\u00e9. Pas trouv\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">On en croise quelques uns, je ne dis pas. Des lustr\u00e9s, bien \u00e9quip\u00e9s pour le public. Ils pr\u00eatent leur veste, leur chapeau et leur demoiselle pour le vieux souriant qui marchande ses souvenirs.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais on est d\u00e9\u00e7us, pour s\u00fbr. \u00c7a nous fout un sacr\u00e9 coup. Alors tel Rocky, il faut rebondir. Toucher le tapis pour mieux se relever et affronter la r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019elle est.<\/p>\n<p align=\"justify\">Avant que mes expectations ne se prennent une nouvelle t\u00f4le sur T\u00e9h\u00e9ran, il est temps de parler r\u00e9ellement de Buenos Aires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ou du moins de mon Buenos Aires. Je me suis promen\u00e9 dans les rues pendant une petite semaine, parfois dans des endroits relativement inint\u00e9ressants, comme il y en a partout. Loin du moindre point touristique notable sur les cartes de la ville, surplomb\u00e9 d\u2019une bretelle p\u00e9riph\u00e9rique, l\u2019air jonch\u00e9 de particules plus tr\u00e8s fines. Des endroits franchement moches, banlieusards, sans le moindre signe distinctif autre que leur sp\u00e9cifique absence d\u2019int\u00e9r\u00eat. O\u00f9 l\u2019on y marche quand on s\u2019y perd, ou en ligne droite, pour rallier un point \u00e0 un autre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Des endroits o\u00f9 la ville existe pourtant, o\u00f9 elle bat r\u00e9ellement. Des maisons o\u00f9 des gens vivent, des locaux, pas des visitants qui arrivent, passent la nuit, payent et repartent. Avec des petites \u00e9piceries au coin de la rue o\u00f9 l\u2019on conna\u00eet le go\u00fbt de la patate qui y est vendue parce que c\u2019est toujours la m\u00eame qu\u2019on ach\u00e8te. O\u00f9 les gamins jouent dans la rue, parce qu\u2019elle est pleine de fen\u00eatres et qu\u2019il y a au moins un parent qui les surveille du coin de l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p align=\"justify\">Buenos Aires est une ville immense. Douze millions d\u2019habitants plus ou moins. Les chiffres chiffrent. C\u2019est un amas de quartiers coll\u00e9s les uns aux autres jusqu\u2019\u00e0 perte de vue.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019espace y semble plus grand qu\u2019en Europe. C\u2019est l\u2019Am\u00e9rique gamin.<\/p>\n<p align=\"justify\">Buenos Aires, c\u2019est New York, et Paris, l\u2019Italie et Berlin. Les rues sont \u00e0 double sens, mais six fois, et les bus semblent cubains. Tout en couleurs, tout en boursouflures de carrosserie. Sur les vitres, des \u00e9criteaux justifient la baisse de la qualit\u00e9 des services par les coupes budg\u00e9taires du gouvernement. On s\u2019imagine que le gouvernement raisonne en sens inverse. Sur les quais, les passagers respectent l\u2019ordre d\u2019arriv\u00e9e et se rangent en file indienne parall\u00e8le \u00e0 la route. Pour laisser de la place \u00e0 ces files, les arr\u00eats s\u2019\u00e9grainent le long de l\u2019avenue. Pas plus de trois bus \u00e0 chaque stop, et encore.<\/p>\n<p align=\"justify\">On se tapote sur l\u2019\u00e9paule pour demander \u00ab\u00a0che\u00a0\u00bb, si \u00e7a fait longtemps qu\u2019on attend, s\u2019il va finir par venir ce bus, ou s\u2019il vaut mieux marcher. Il y en a tant d\u2019autres qui nous filent devant le nez, tant de num\u00e9ros. On guette le n\u00f4tre, le cou long, comme un nyandu dans la pampa, une autruche rabougrie. Comme des parents \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du car au retour de la classe de neige.<\/p>\n<p align=\"justify\">O\u00f9 qu\u2019il est le mien, qu\u2019est-ce qu\u2019il fout, toujours en retard, moi qui lui avais fait une coupe budg\u00e9taire au bol pour le reconna\u00eetre de loin, et cousu des \u00e9tiquettes gratte-cul dans des slips \u00e0 son nom, qu\u2019est-ce qu\u2019il fiche, vous l\u2019avez pas vu, dites\u00a0? Le v\u00f4tre, il est arriv\u00e9 le v\u00f4tre\u00a0? Ces nids \u00e0 microbes, je vous jure, \u00e0 vous rendre fous.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plaza Italia, au sud de Palermo, il y a le jardin botanique et le jardin zoologique. Et pr\u00e8s des longs quais de bus, qui semblent interminables tant le premier \u00e0 s\u2019arr\u00eater doit de nouveau marquer l\u2019arr\u00eat une fois pass\u00e9s ses confr\u00e8res, des cahutes de bouquinistes d\u00e9gorgent sur le trottoir central. Au rythme des s\u00e9maphores, la faune urbaine s\u2019\u00e9broue, d\u00e9marre en p\u00e9taradant, se klaxonne, somme toute assez peu, et enfume uniform\u00e9ment les grands noms de la litt\u00e9rature et les plus petits.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans des caisses sur pilotis, que d\u2019aucuns aux traits hauts tr\u00e8s t\u00f4t traitent de tr\u00e9teaux, se c\u00f4toient les sociologues et les \u00e9conomistes, les philosophes et les historiens. Tr\u00e8s peu de romans de gare aux noms anglais mal traduits, mais des grands auteurs argentins et internationaux. Un r\u00e9giment de savoir en ordre de bataille intellectuelle soigneusement prot\u00e9g\u00e9 par une couverture plastique qui affriole le chaland et invite le grognard mal lettr\u00e9 \u00e0 aller se moucher ailleurs s\u2019il y est.<\/p>\n<p align=\"justify\">Compar\u00e9e au Br\u00e9sil, l\u2019Argentine d\u00e9ambule d\u2019un ton professoral entre ses colonnades latines qu\u2019en ce continent tout le monde lui envie. L\u2019architecture de Buenos Aires est un fourre-tout merveilleux. La fac d\u2019ing\u00e9nierie fait de l\u2019\u0153il au Parth\u00e9non, le minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, avec ses portes blind\u00e9es dor\u00e9es, \u00e0 Gringotts, la casa Rosada du gouvernement \u00e0 quelque bijou renaissance de Florence.<\/p>\n<div id=\"attachment_930\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-930\" class=\"wp-image-930 size-large\" src=\"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-1024x768.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-300x225.jpg 300w, https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-768x576.jpg 768w, https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-500x375.jpg 500w, https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/IMG_1845-1000x750.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><p id=\"caption-attachment-930\" class=\"wp-caption-text\">Pas piqu\u00e9 des hannetons, mais des grecs, un peu.<\/p><\/div>\n<p align=\"justify\">Un Monsanto new-yorkais semble avoir dop\u00e9 les immeubles Haussmanniens. On en retrouve le toit de zinc, tout ce qu\u2019il y a de plus semblable \u00e0 Paris, dix, quinze, trente \u00e9tages plus haut, et je m\u2019attends, le cou tendu vers la mince goutti\u00e8re que l\u2019on a jug\u00e9 bon de reproduire sans penser que la pluie puisse venir \u00e0 tomber de plus bas, \u00e0 voir d\u00e9barquer le bateau des Monty Python, pr\u00eats \u00e0 jeter des assureurs pleins de papiers par les fen\u00eatres de Wall Street.<\/p>\n<p align=\"justify\">La ville est \u00e9galement parsem\u00e9e d\u2019\u00e9difices militaires. Des policiers solitaires font le piquet \u00e0 l\u2019angle de certaines rues, et le soleil printanier donne aux pelouses rases des casernes, une douceur que l\u2019on aimerait leur voir arborer en haut des m\u00e2ts bleus et blancs. De jeunes militaires \u00e0 la porte montent la garde en riant. Il fait bon.<\/p>\n<p align=\"justify\">Telle une ville thermale les-Bains, l\u2019atmosph\u00e8re tranquille de Buenos Aires s\u2019expose dans son nom m\u00eame. Une douceur de retraite sud-am\u00e9ricaine, temp\u00e9r\u00e9e, \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne. Des parcs et des rues o\u00f9 il fait bon d\u00e9ambuler sans but par beau temps et brise l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">En blanc d\u00e9tach\u00e9 sur du bleu fonc\u00e9, une repr\u00e9sentation des Malvines (\u00eeles Falklands pour les veaux \u00e0 la menthe) les affirme argentines malgr\u00e9 ce qui est \u00e9crit sur toutes les cartes du monde.<\/p>\n<p align=\"justify\">Sur une des pelouses, un officier en jaquette, bottes d\u2019\u00e9quitation, cheveux ras sous k\u00e9pi \u00e0 \u00e9cussons, \u00e9paulettes brillantes, fait les deux ou trois cent pas, d\u2019une mani\u00e8re peu cavali\u00e8re pour un homme de son \u00e9tat. Il a les mains jointes derri\u00e8re le dos, et se tapote l\u2019omoplate \u00e0 l\u2019aide de sa cravache. \u00c7a sent le crottin de cheval, odeur famili\u00e8re de la maison, il fait bon, je suis heureux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A quoi pense-t-on quand on arrive \u00e0 Buenos Aires\u00a0? Avant de monter dans l\u2019avion ? Quand on y part ? Quand on sait que l\u2019on va y \u00eatre, bient\u00f4t ? Quand on se figure, \u00e0 distance, le film de notre premi\u00e8re promenade dans les rues. 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