{"id":593,"date":"2017-09-22T04:50:25","date_gmt":"2017-09-22T02:50:25","guid":{"rendered":"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/?p=593"},"modified":"2017-11-16T22:26:34","modified_gmt":"2017-11-16T21:26:34","slug":"premiers-coups-de-vent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/duventdanslespantoufles.fr\/index.php\/2017\/09\/22\/premiers-coups-de-vent\/","title":{"rendered":"Premiers coups de vent"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Du vent, ici, il y en a. Toute la journ\u00e9e, il souffle, inlassable. Des hectolitres qui d\u00e9ferlent. C\u2019est la mer qui respire et qui d\u00e9verse sur l\u2019arri\u00e8re pays d\u2019autres vagues que la plage n\u2019arr\u00eate pas.<!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce flottement permanent, on le retrouve dans les caresses de la bossa nova et dans les voiles des kitesurfers. Il recouvre les routes, parfois d\u2019une fine pellicule de sable, parfois d\u2019une dune dans laquelle les voitures s\u2019embourbent et qu\u2019il faut alors pousser des deux mains, les tongs de caoutchouc Havaianas ou autres se noient tout comme dans l\u2019abrasive chaleur, et les voitures repartent, p\u00e9taradent, le gros pouce desquam\u00e9 par la languette inter-orteils, et quelques poils avec.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le vent, on l\u2019aper\u00e7oit sur les murs de l\u2019\u00e9glise, ventil\u00e9, encens\u00e9, chuchot\u00e9 par les ouailles qui souhaitent \u00e0 leur voisin, d\u2019une main vagabonde, un all\u00e9luia all\u00e8gre, na\u00efvement sinc\u00e8re, comme une orange \u00e0 no\u00ebl dans un pays de steppes glac\u00e9es. Sur les bedons replets, c\u2019est encore lui qui fait danser les t-shirts flock\u00e9s au nom de la paroisse du \u00ab\u00a0Bom Jesus des navigateurs\u00a0\u00bb. C\u2019est lui qui porte les voiles, et les ram\u00e8nent au port, donnant \u00e0 ces p\u00e8res, fils et maris, une chance suppl\u00e9mentaire de c\u00e9der \u00e0 la Saudade, la nostalgie qui prend le c\u0153ur, la peur, un mois en mer, de ne jamais revenir en ville, de ne plus sentir le plastique des chaises s\u2019enfoncer dans le sablon ardent, de partir \u00e0 la renverse une nuit de temp\u00eate, et laisser aux vivants, la joie des cacha\u00e7a et des matchs sur la plage.<\/p>\n<p align=\"justify\">Quand la Saudade se fait trop lourde, ils plient les voiles \u00e0 l\u2019abri du pestant, et restent au pied des \u00e9oliennes qui pars\u00e8ment de leur blancheur \u00e9lanc\u00e9e, un littoral pauvre, mais d\u00e9sormais \u00e9lectrifi\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00a0L\u2019Americano\u00a0 est l\u2019un d\u2019entre eux. Il a le visage rougeaud et le nez \u00e9pat\u00e9. Son t-shirt rouge \u00e9lim\u00e9 semble avoir connu plus de grains qu\u2019une coop\u00e9rative en plein mois de juillet et il s\u2019enfile les verres de cacha\u00e7a \u00e0 38\u00b0 sans tirer la \u00ab\u00a0careta\u00a0\u00bb, ce retroussement de l\u00e8vres caract\u00e9ristique des alcools \u00e0 1,90\u20ac la bouteille de 1L. L\u2019Americano \u00e9vide les poissons les yeux ferm\u00e9s. Le soleil s\u2019est couch\u00e9 il y a quelques minutes, alors une ampoule au bout d\u2019un fil est gliss\u00e9e entre le toit de feuilles de palmiers et un morceau de bois qui tient lieu de poutre. Elle \u00e9claire de mani\u00e8re diffuse notre baracca. La baracca de Barraca, le propri\u00e9taire de l\u2019endroit. Un pr\u00e9au et un cabanon bourr\u00e9 d\u2019une cinquantaine de chaises plastiques. Un terrain donnant sur le lagon, deux bateaux y sont amarr\u00e9s. La baracca sert de repaire aux f\u00eates hebdomadaires. On y ram\u00e8ne la p\u00e8che du jour, et on la d\u00e9guste entre amis, en famille, arros\u00e9s de bi\u00e8re et de cacha\u00e7a. La cacha\u00e7a, toujours. Elle tient les hommes debout sur le pont, et les ram\u00e8ne \u00e0 terre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans l\u2019ombre de l\u2019ampoule, sur la plage, l\u2019Americano plonge ses gros doigts calleux dans les ventres mous et froids des poissons qui suffoquent. Il les \u00e9caille de son couteau, comme s\u2019il leur \u00e9talait du beurre dessus. D\u2019une premi\u00e8re estafilade, il arrache du pouce, branchies et entrailles. Puis il pratique deux entailles sur le dos des poissons, pour drainer le sang et favoriser la cuisson. Il rel\u00e2che les poissons ouverts dans la cuvette rouge sang et jette les visc\u00e8res sur le c\u00f4t\u00e9. Les chats vagabonds sauront bien quoi en faire.<\/p>\n<p align=\"justify\">On l\u2019appelle l\u2019Americano parce qu\u2019il est grand, comme un gringo d\u2019am\u00e9ricain. D\u2019ailleurs, il ne parle pas un mot d\u2019anglais, mais un br\u00e9silien en carton p\u00e2te, m\u00e2chonn\u00e9 de toutes parts. A l\u2019inverse des poissons, il ne semble avoir gard\u00e9 que les visc\u00e8res de sa langue maternelle. Lorsque je lui pose des questions sur la p\u00eache \u00e0 la langouste et sur cette \u00e9treinte du c\u0153ur lorsque les amarres l\u00e2ch\u00e9es, une derni\u00e8re vague emporte l\u2019horizon d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient, il me fait le plaisir de ralentir la cadence, et de border ses mots d\u2019une rondeur plus tendre. Une rondeur joviale et m\u00e9lancolique, la Saudade, il la porte sur son visage.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mon portugais est balbutiant. Pollu\u00e9 d\u2019espagnol et d\u2019anglais, et d\u2019un fran\u00e7ais monotone. Je ne comprends pas tout, mes mots flirtent de mani\u00e8re disparate avec le pr\u00e9cipice du quiproquo ou du silence g\u00ean\u00e9. Mais l\u2019audience est bienveillante, et lorsque je ne parviens pas \u00e0 mes fins, lorsque le fil m\u2019\u00e9chappe, que mes vulgaires tentatives de combler un manque de vocabulaire par l\u2019ajout d\u2019un \u00ab\u00a0\u00e3o\u00a0\u00bb doubl\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0dje\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0dinho\u00a0\u00bb, se r\u00e9v\u00e8lent aussi vaines que vexantes, je peux sauter dans le vide et sourire. Je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 dire ce que je voulais, ils ne r\u00e9ussiront pas \u00e0 me r\u00e9pondre, tant pis. Ce n\u2019est pas \u00e7a l\u2019important. Le malaise \u00e9prouv\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019accaparer la conversation par un silence s\u2019\u00e9vanouit alors aussit\u00f4t. Des rang\u00e9es de dents plus ou moins garnies, paraissent dans l\u2019ombre des visages pleins et viennent exorciser l\u2019\u00e9vocation d\u2019une frustration qui apporterait \u00e0 notre joyeuse r\u00e9union, tristesse et s\u00e9rieux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lorsque la conversation tangue, on laisse nos doigts s\u2019agripper \u00e0 nos verres respectifs, et le ressac se peuple de gorges qui glougloutent et de soifs qui s\u2019\u00e9tanchent. L\u2019Americano a lav\u00e9 les poissons. Ils dorment les yeux et le ventre ouverts. Un crabe tente r\u00e9guli\u00e8rement de s\u2019\u00e9chapper de la cuvette. On l\u2019y remet gentiment. Sonnera l\u2019heure. \u00ab\u00a0Siri\u00a0\u00bb le crabe. Je pense aux assistants virtuels d\u2019Apple, du m\u00eame nom, qui claquent des pinces pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes qui n\u2019existent pas. Je m\u2019imagine transporter un petit crabe Siri dans ma poche de chemise au milieu des tours vitr\u00e9es et des r\u00e9cents promus costaris\u00e9s. Le coller \u00e0 mon oreille pour \u00e9couter ses pr\u00e9cieux conseils, et n\u2019entendre que le bruit de la mer et de pinces que l\u2019air rouille.<\/p>\n<p align=\"justify\">Trois femmes et trois petites filles sont l\u00e0 aussi. Les petites jouent sur le sable entre les poteaux, des troncs de palmiers. Lorsqu\u2019elles s\u2019\u00e9loignent et s\u2019avancent trop pr\u00e8s des vagues, on les rappelle \u00e0 l\u2019ordre. Gentiment \u00e9galement, sonnera l\u2019heure de jouer sans surveillance. Mais ce soir, elles ont \u00e0 peine 3 ans.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une des mamans dispose les poissons sur la grille, tandis que son mari, Irenilson, s\u2019occupe du feu de bois. Irenilson, tout le monde l\u2019appelle Negro. Gentiment. Il est bronz\u00e9 de nature, et passe pas mal de temps dehors. Mais sans plus, rien d\u2019incroyable, des plus bronz\u00e9s que lui, il y en a partout. M\u00eame autour de la table, je ne suis pas s\u00fbr qu\u2019il gagne. Mais c\u2019est son surnom, depuis longtemps. Pour lui, c\u2019est juste un nom. Negro le dit en souriant, c\u2019est juste un nom.<\/p>\n<p align=\"justify\">Punto. Au Br\u00e9sil, il n\u2019y a pas forc\u00e9ment de probl\u00e8me \u00e0 appeler quelqu\u2019un negro\/preto (noir) ou branco (blanc). Une connaissance surnomme sa petite amie \u00ab\u00a0pretinha\u00a0\u00bb (de \u00ab\u00a0preta\u00a0\u00bb = noir, et \u00ab\u00a0inha\u00a0\u00bb, suffixe diminutif affectif). Tout est une affaire de ton, d\u2019intention. C\u2019est dur \u00e0 comprendre quand on a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 dans le rejet des termes li\u00e9s \u00e0 la couleur de peau. Ou dans l\u2019hypocrisie du mot \u00ab\u00a0Black\u00a0\u00bb pour parler de quelqu\u2019un de \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb, qui est en fait marron. Puisqu\u2019il est commun\u00e9ment admis qu\u2019hormis quelques rares roux rou\u00e9s de t\u00e2ches, personne n\u2019est effectivement \u00ab\u00a0blanc\u00a0\u00bb. Personnellement, je me suis toujours vu comme vaguement jaun\u00e2tre. Notre \u00e9ducation (pardonnez le raccourci) force l\u2019\u00e9mergence d\u2019un angle mort\u00a0: parler de couleurs de peau reviendrait \u00e0 \u00e9tablir une diff\u00e9rence, et \u00e9tablir cette diff\u00e9rence serait synonyme de racisme. Pourtant, sans l\u2019absurde hi\u00e9rarchisation de \u00ab\u00a0races\u00a0\u00bb dont l\u2019existence serait bas\u00e9e sur la couleur de peau, l\u2019int\u00e9gration d\u2019une diff\u00e9rence du taux de m\u00e9lanine dans le langage n\u2019est pas plus discriminant qu\u2019un surnom reposant sur la corpulence, la taille, le nombre de dents ou la taille des oreilles des individus.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour moi, en tant que fran\u00e7ais blanc honteux des s\u00e9vices du colonialisme et du racisme d\u2019\u00c9tat, dire \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb, comme les br\u00e9siliens disent \u00ab\u00a0preto\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0negro\u00a0\u00bb, me plonge dans des ab\u00eemes \u00e9thiques dont seule la personne vis\u00e9e peut me sortir\u00a0: \u00abTu sais, \u00e7a va, je ne le prends pas mal\u00a0\u00bb. Ah. Bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Et l\u2019intention est bonne, alors pas de quoi se formaliser\u00a0\u00bb disent-ils en substance.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le racisme ne parvient pas \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l\u2019\u00e9paisse cuirasse du multiculturalisme br\u00e9silien. Tout le monde est plus ou moins bronz\u00e9, plus ou moins cr\u00e9pu, plus ou moins bleu des yeux, plus ou moins solide des chevilles, ou addict au lait concentr\u00e9 sucr\u00e9. Familialement, les m\u00e9langes et la coexistence ont mis tout le monde dans la m\u00eame bolinette \u00e0 laitue.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c7a ne veut pas dire que le Br\u00e9sil est une terre sainte, exempte de racisme. Lorsque Negro travaillait \u00e0 la station service, il y avait chaque semaine au moins un client qui refusait d\u2019une mine d\u00e9go\u00fbt\u00e9e de lui toucher la main et ne lui donnait l\u2019argent que du bout des doigts. Le racisme existe, mais il semble venir redoubler (de ma courte exp\u00e9rience) les in\u00e9galit\u00e9s sociales, et les comportements m\u00e9prisants des riches (souvent blancs, souvent \u00e9trangers, souvent n\u00e9ocolonialistes \u00e0 bien des \u00e9gards) envers les pauvres. Et c\u2019est un autre combat.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les poissons cuisent. Les bi\u00e8res et les verres de cacha\u00e7a disparaissent et r\u00e9apparaissent comme par enchantement. Le ressac berce de vaguelettes les r\u00eaves des petites filles. Elles dorment \u00e0 pr\u00e9sent. Emmitoufl\u00e9es dans les kilom\u00e8tres de tissu de leurs hamacs. Elles sont minuscules et les toiles sont immenses, lovant leur petit corps, maigrement tendues par le brin de gravit\u00e9 que la vie leur octroie. La conscience un instant suspendue, l\u2019apaisement du sommeil. Les hamacs font quitter Terre, ils nous offrent un r\u00e9pit digne de tapis volants.<\/p>\n<p align=\"justify\">Je suis compl\u00e8tement absorb\u00e9 par cette image. En cet instant, j\u2019aurais aim\u00e9, je crois, \u00eatre \u00e0 ta place petite Maria-Isabel.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est 22h. Dans quelques minutes, un match commence \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0: Il faut rentrer.<\/p>\n<p align=\"justify\">Negro habite tout pr\u00e8s de la plage. On s\u2019attable dans la cour b\u00e9tonn\u00e9e de sa maison, il y a une t\u00e9l\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et une t\u00e9l\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Des \u00e9crans plats. Hormis cela, le mobilier est plut\u00f4t sobre quand il n\u2019est pas inexistant. Une table et des chaises en plastique, un petit v\u00e9lo avec des roulettes pour la petite, et des crochets en pagaille arrim\u00e9s aux poteaux, pour fixer les hamacs.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les maisons br\u00e9siliennes me rappellent le Vietnam. De grands espaces, une hauteur de plafond impressionnante (communiste), mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, beaucoup de vide. Les pi\u00e8ces sont simples, rectangulaires, et ouvertes sur l\u2019ext\u00e9rieur. Et avec raison, puisqu\u2019il ne pleut jamais.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les petites sont couch\u00e9es. Les femmes d\u00e9plient les hamacs et s\u2019installent pour bavarder. Les hommes commentent le match d\u2019un \u0153il distrait, bavardent \u00e9galement et signent pour quelques cacha\u00e7as suppl\u00e9mentaires. On me demande si j\u2019ai aim\u00e9, je r\u00e9ponds cent fois oui, et mille fois merci.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le match ne m\u2019int\u00e9resse gu\u00e8re, bien qu\u2019on ait tendance \u00e0 se laisser happer par quasiment n\u2019importe quoi dans ces moments-l\u00e0. La derni\u00e8re bi\u00e8re est presque de trop. Je devine dissimul\u00e9 derri\u00e8re mon lobe frontal, le manche d\u2019un marteau pr\u00eat \u00e0 frapper. A mi-temps, je d\u00e9cide d\u2019y aller. Je les remercie chaleureusement et dissuade leur volont\u00e9 de me raccompagner. Je dois \u00eatre \u00e0 200 m\u00e8tres \u00e0 peine.<\/p>\n<p align=\"justify\">Marcher me fait du bien. C\u2019est un chemin de sable. Aucun bruit, si ce ne sont quelques chiens. Ils aboient comme dans les villes les voitures passent. Parfois, le silence, seules les \u00e9toiles. Je ne reconnais rien, ce ne sont pas les m\u00eames qu\u2019en France. Et puis du reste, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 nul en \u00e9toiles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Elles bougent, je leur donne de l\u2019\u00e9lan en tournant sur moi-m\u00eame. J\u2019ai l\u2019impression de rentrer dans l\u2019hyperespace et d\u2019avoir branch\u00e9 l\u2019univers sur un 45 tours. Les \u00e9toiles filent, je contemple, \u00e9baubi. Il ne me faut pas longtemps pour me retrouver \u00e0 terre, plaqu\u00e9 au sol par une \u00e9trange gravit\u00e9 interne. J\u2019ai travers\u00e9 l\u2019univers, il me faut un temps d\u2019adaptation. Je ne lutte pas davantage et attends que \u00e7a passe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Je dois avoir l\u2019air terriblement idiot, affal\u00e9 dans le sable comme un ivrogne, d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par son petit jeu destin\u00e9 \u00e0 prouver qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas saoul. \u00ab\u00a0Mais la Terre ne fait pas que tourner, elle tangue aussi\u00a0!\u00a0\u00bb. Je souris de moi-m\u00eame. Personne ne m\u2019a vu. Les \u00e9toiles ont fil\u00e9. Je suis heureux. C\u2019est mon petit secret.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du vent, ici, il y en a. Toute la journ\u00e9e, il souffle, inlassable. Des hectolitres qui d\u00e9ferlent. 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